Prison : J'en sors pour y retourner

Liberté provisoire quand tu nous tiens ! Le système judiciaire français est parfois incompréhensible. Suite à une affaire de stupéfiants je viens d'être incarcéré dans une maison d'arrêt. Quatre mois de préventive, de mai 2007 à septembre 2007. Après avoir regouté à la liberté je viens de recevoir ma date de convocation devant le Tribunal correctionnel pour le mois de septembre 2008. Vu que je suis coupable, j'ai reconnu les faits reprochés et compte tenu de leur gravité je connais déja l'issue du procès.



Entre contrôle judiciaire et suivi thérapeutique !

Prison : J'en sors pour y retourner
Quelle cruauté !
Je n'évoquerai que très peu la vie en milieu carcéral. Trop de gens l'ont vécu difficilement ! Entre parloirs, promenades, cantine et gamelle on reste enfermé 20 Heures sur 24 en cellule. Heureusement qu'il y a l'écriture ... Non la partie qui m'intéresse est celle qui se situe entre le jour ou l'on vous annonce que vous quittez la maison d'arrêt, provisoirement, et le jour de votre procès.

C'est cette durée que je qualifie de cruauté.
En effet la justice vous autorise à redécouvrir un tant soit peu la liberté. Tout d'abord il faut se réhabituer à la société et ce même seulement après quatre mois d'incarcération : la circulation des voitures, le regard des gens, les mouvements de foule, le dialogue...Oublier ce que l'on vient de vivre et tenter de se réinsérer. Cette période est de courte durée car on va très rapidement être à nouveau confronté au système judiciaire : obligation de controle toutes les semaines et suivi thérapeutique.

Le contrôle judiciaire, c'est quoi ?
C'est l'obligation d'aller signer toutes les semaines une feuille de présence qui doit attester que l'on ne quitte pas le territoire. On vous demande de retrouver un emploi et de retravailler... Premières difficultés : Votre employeur doit vous laisser partir un minimum d'heure pour satisfaire cette obligation. N'oublions pas que nous sommes confrontés à des fonctionnaires de police et les horaires de pointage se situent en plein de votre journée de travail : pas entre midi et deux ni après 17 Heures (les bureaux sont fermés). En fait cette démarche ne vient que compliquer votre envie de travailler et de retrouver un emploi. Son utilité : un grand point d'interrogation.

Le suivi thérapeutique : la pompe à fric !
Toutes les semaines on doit voir un psychiatre. Durée de la visite 10 minutes, tarif 49 euros. On s'assoit, on dit que l'on se drogue plus et l'on fait le chèque. J'oubliai ce cher toubib vous fait une attestation comme quoi vous êtes bien passé le voir. Un petit tour et puis s'en va....

Et puis arrive le jour où l'on reçoit notre convocation pour l'audience devant le Tribunal correctionnel. Sympa on vous prévient cinq mois avant. Bonjour le stress et l'angoisse. On commence à calculer le temps qui nous reste à "profiter" de la liberté. A peine le temps de se ré-acclimater et tout re-bascule. Jour et nuit on est hanté par ce procès qui approche, à tout ce qu'on aurait dû faire et que l'on n'a pas fait. Aux parents et à la famille : il va falloir à tout leur expliquer. L'incarcération est bien plus difficile pour ceux qui vous sont chers que pour vous même. J'entends déja le bruit de pas des surveillants dans le couloir et le bruit des clés dans la serrure. J'en ai mal à la tête. Mais que faire. Rien. Attendre la sentence et se dire qu'à jamais on ne revivra une telle situation.

Pour finir je dirai que la liberté provisoire est un grand pas vers la dépression...


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Dimanche 20 Avril 2008
brunolo
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