Peggy opte pour le commerce équitable et durable

Jeune citoyenne de 29 ans, Peggy Jacqueline importe des bijoux touaregs et participe au développement de la communauté.



Peggy opte pour le commerce équitable et durable
À 12 ans, Peggy découvre l'Afrique lors d'un voyage avec son père. Ce premier « coup de coeur » se transforme, avec le temps, en véritable passion. Un deuxième voyage, puis un troisième lui permettent de créer du lien avec la population locale, notamment au Niger et au Mali. « Les habitants apprécient qu'une femme blanche s'intéresse à leur culture et prenne le temps de discuter avec eux. Je ne vais pas là-bas en simple touriste. » Pour mieux s'intégrer, elle loge dans les familles, apprend le bambara, et se fait baptiser peuple. « Là-bas, je m'appelle Aminata Barry. »

Un engagement commun
Son expérience dans l'humanitaire et sa détermination la poussent à agir. « Je refuse de faire seulement la charité. J'apporte du travail et ils m'en fournissent en retour. La réussite de ce projet repose sur un engagement commun. » Pour elle, il est primordial que les Touaregs deviennent autonomes financièrement. « C'est la seule façon pour eux de construire leur avenir sur du long terme. » L'argent gagné par les producteurs a déjà permis la scolarisation de cinq petites filles. Elles le lui rendent par des sourires.

Les bijoux ont une histoire
Au hasard d'une rencontre, elle entre en relation avec le peuple touareg. Sa culture et son artisanat la séduisent. Elle décide de monter un projet de commerce solidaire avec eux. L'idée ? « Exporter l'art touareg en France et assurer une activité économique durable aux producteurs. »

De cette initiative est née Opale, microsociété spécialisée dans l'import et la vente de bijoux traditionnels sur le principe du commerce équitable. « Ma relation avec les Touaregs repose sur un contrat de confiance et d'équité. L'idée de partage est au coeur de l'échange. »

La devise d'Opale véhicule aussi une volonté de transmission des savoirs. « Les bijoux ont une histoire. Les gravures touaregs vous la racontent. » Une histoire pas toujours rose. Alors, face à la détresse de certains habitants des bidonvilles de Bamako, Peggy s'improvise parfois infirmière. « Il m'arrive de soigner une plaie ou de faire de la prévention en matière de santé. Je distribue aussi des préservatifs. »

Le don d'appareils numériques lui permet de suivre l'évolution des enfants via l'envoi régulier de photos par les familles. « Ces gens sont mes frères de coeur », dit-elle. Malheureusement, le temps et l'argent engagés ne permettent pas toujours à Peggy de rentrer dans ses frais. Pas question cependant d'abandonner le projet. « S'il le faut, j'ouvrirai Opale en association. »

En attendant, la jeune nantaise, toujours entre deux voyages, s'initie au tamashek, la langue des Touaregs, et s'apprête à partir dans l'atlas marocain suivre une caravane. « Les échanges culturels et les rapports humains sont une richesse inestimable. À nous de la faire prospérer. »

Site : http://www.opale-import.com


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Mercredi 30 Avril 2008
Guénola Pellen
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